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 Un "truc" écrit

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Mism@s
OmbreTTe [c'est + que ombrinette...]
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J'erre ... : dans l'arrière ban des pays barbare
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MessageSujet: Un "truc" écrit   Ven 3 Juin - 14:45

Une fois encore, je tente de remettre mes idées en ordre. Mais rien. Plus un seul souvenir de sensations agréables. Rien que la douleur et le froid. Je ne me souviens de rien avant. Avant ce jour de nuit et de sang, avant les hommes en gris venus me chercher. Avant le jour où j’ai tout perdu. La mémoire, ma famille, mon travail, ma maison, mes biens… J’ai tout perdu. Je suis seule et nue dans les ténèbres de mon esprit. Autour de moi je ne vois que du gris. Pas de vraie couleur.
La lumière et les couleurs sont bien là, mais salies, contaminées par une espèce de chose sombre qui se plaît à détruire la moindre sensation agréable. Le gris de mon vêtement, des murs, de la lumière, du regard de ces hommes qui parfois viennent, et repartent en coup de vent, le gris de ce morne quotidien.
Où est le dieu à qui j’ai offert mon âme ? Où sont les contes qui ont bercé mon enfance ? Où est la magie qui imprégnait chaque chose ?
Est-il si dur d’obtenir le repos ? Mais non, pas de répit ni d’apaisement pour moi. Pas de chaleur, pas une once d’humanité. Rien de rassurant. Pas même une pâle esquisse de lumière, de vraie lumière.
Il y a si longtemps que je n’ai vu le soleil !
Une prison grise et froide, une série de murs sales et glacés, un enfilement de couloirs interminables, des salles immenses et obscures, et partout et toujours le froid, la peur et les ombres.
Une ombre. Une ombre glacée, un soleil mort, une lune morte, des cendres, un cimetière de la beauté, une couveuse pour Douleur et Folie.
Et ces visages autour de moi, ces hommes et vêtus de gris aux regards tellement méprisants qui me traitent comme du bétail, comme une bête sauvage n’ayant ni sentiments ni raison.
La raison, je suis peut être en train de la perdre au long des ces jours sombres où je n’aperçoit pas d’autre lumière que celle des néons tremblotants des couloirs terne. La raison. La raison est comme l’espoir, une petite flamme qui menace de s’éteindre à tout moment. Mais l’espoir je l’ai perdu dans les tréfonds de mon esprit tourmenté. Je l’ai perdu depuis longtemps. Depuis trop longtemps.
Je rêve durant mes rares heures de sommeil agité, je rêve de m’endormir et de me réveiller dans les bras glacés de la mort, pour une ultime et longue étreinte.
Thanatos, Hadès, Mort, La Grande Faucheuse, je t’attends. J’attends de voir ta silhouette vêtue de noir, ta faux luisante, et ton visage figé dans un sourire grotesque comme un masque de cinéma.
Je rêve de m’endormir dans tes bras glacé, de m’endormir pour quitter ce quotidien, de glisser dans ce sommeil infini que tout le monde craint.
Je n’ai pas peur de toi. Viens donc me chercher !
Folie. Une ombre qui me guette comme un rapace attend sa proie. Folie. Ennemie de Raison, disent les philosophes. Folie. Un des maux les plus graves, disent les psychologues. Sauf que personne n’est là pour se soucier de moi.
Personne. Rien. Solitude absolue, néant total, désespoir infini.
Tristesse. Ma seule compagne tout au long de ces jours sombres dans cet endroit morne et glacé. Espoir, qui m’a abandonné. Joie, qui a déserté mon cœur depuis mon arrivée. Bonheur, dont je ne connais plus le sens.
Une boîte de Pandore s’est ouverte. Les oiseaux de malheur qui en sont sortis m’accablent jour et nuit.
Durant ces nuit interminables, dans le noir et le froid, dans l’obscurité, j’attends ce que j’appelle par dérision le jour, une pâle parodie de lumière solaire, une lumière blanche et maladive qui perce les barreaux.
Folie qui me guette, Douleur qui m’assaille, Malheur qui ne me quitte plus, Tristesse qui me tient compagnie, tout ce petit monde me tourne autour comme un essaim de mouches.
Et les jours passent, sombres, mornes, gris, chaque heure qui s’écoule en plus des autres est une souffrance. Le simple fait de vivre et une souffrance. Vivre. Ce pourquoi je suis née. Mais à quoi bon vivre à présent ? A quoi peut bien servir ma vie, ma pauvre vie enfermée dans ce lieu ? A quoi sers-je durant tout ces jours interminables où se traînent les heures comme une funèbre procession ?
Pourquoi devrai-je vivre ? Pourquoi Dieu condamne-il le suicide ? Pourquoi ne peut-on être maître de sa destinée, lorsqu’il nous a abandonné ? Pourquoi devrai-je croire en cette chose invisible qui n’a jamais rien fait pour m’aider ? Dieu est amour, disent les prêtres. Pour moi Dieu n’est que total mépris pour moi, renoncement à me sauver, dénigrement de ma pauvre personne enfermée ici.
La folie est là, tout prés, je sens son souffle guttural derrière moi. Je sens ses grognements rauques et désordonnés, et les cris de tous ceux qu’elle a emprisonné au cours des âges, et Dieu sait s’ils sont nombreux.
Folie. Je ressasse mes idées noires, noires comme les nuits, noires comme les jours, noires comme le manteau de la Mort.
Combien d’années ai-je passées ici ? Je l’ignore. Je n’ai même pas mon propre reflet pour me rendre compte du temps qui passe. Je ne me rappelle même plus de ma propre image. A quoi je ressemble, je l’ignore.

Mais voilà que tout change. La porte s’ouvre, cette porte ferrée, cette porte qui me coupait de l’extérieur, qui ne laissait passer que la lueur des néons.
Elle s’ouvre. Enfin.
Je peux enfin voir ce qui se passe au dehors, hors de cette cellule sombre et glacée où j’ai passé tant de temps. Des couloirs gris et mornes qui défilent à l’infini, et quelque chose au fond de mon cœur qui en chasse les ombres. Je voie des gens qui marchent sans but le long des couloirs, et qui me dépassent sans me voir. Je marche sans fin, sans destination, juste pour voir si il y a autre chose au-delà de cette porte. Je continue d’un pas allègre dans ces corridors si longtemps interdits.
L’espoir est là, lui qui m’avait abandonné. Le bonheur, et la liberté !
Et puis je voie une porte entrouverte sur quelque chose qui m’attire. Et je me retrouve dans un long corridor brillamment éclairé d’une lumière dorée, si différente de celle des couloirs ! Et là je trouve une bibliothèque pleine de livres.
Des livres ! J’en saisis un au hasard, pour le simple plaisir de froisser ses pages entre mes doigts, de sentir la douceur du papier. Mes yeux courent sur les mots. Je ne sais plus les lire, mais qu’importe, je parcoure du regard ces pages pleines de mots qui racontent une histoire, ces mots qui peuvent faire rire ou pleurer et qui ont un si grand pouvoir.
Je repose le livre et je continue à marcher.
Je marche dans ces couloirs interdits, et je voie d’autres gens. Il y a si longtemps que je n’ai vu de lumière si vive, et tant de monde !
Je voie une étrange lueur au fond d’un corridor. Comme un phalène, comme un papillon irrésistiblement attirée par la lumière d’une lampe, je marche dans sa direction, sans me poser de question, sans savoir ce que je vais y trouver.
Je me souviens avoir déjà vu cette lumière autrefois. Il y a bien longtemps. Il y a si longtemps !
Le soleil. Je me souviens de son nom. Du nom de cet inimitable éclat doré qui m’appelle.
Je remonte vers lui, et…
Je me retrouve au milieu d’une féerie de verdure, de lumière et de douceur. Une joie, un bonheur immense, quelque chose d’inexprimable avec de simples mots. Une joie si intense que mon cœur semble éclater.
Alors des notes s’échappent de mes lèvres ; je chante, je chante la joie, délivrance, l’espoir, et le bonheur d’être enfin libre et d’être enfin loin de la folie et de désespoir.
Je chante l’allégresse, le bonheur le plus total.
Libre. Je suis libre ! Enfin, après ces années, ces jours et ces heures sombres à pleurer et à oublier le soleil, la lumière, et tout ce qui fait que la vie est belle. Loin de moi à présent l’idée de la Mort et de la folie.
La raison, je la perds, c’est certain. Mais plus à cause du désespoir et du malheur, mais bien par trop de joie et d’exultation.
La raison, la seule chose que je n’ai pas retrouvé après tout ce temps passé là.
Où je suis, je l’ignore, mais qu’importe ! Je suis libre et loin de cet endroit, de cet enfer glacé et morne. Je m’allonge sur la mousse, heureuse comme une enfant, sous le couvert des arbres et de leurs branches qui forment un cocon.
Je me relève. Je suis réveillé par quelque chose.
Le ciel est lumière sous mes yeux, et je m’élève peu à peu vers lui, légère, heureuse, je m‘élève peu à peu vers cette lumière envoûtante.
Je regarde à mes pieds, et je voie mon corps endormi au pied d’un arbre aux feuilles dorées. Ce que cela signifie, je l’ignore. En dessous de moi s’étends une grande forêt d’arbres dorés traversée par une rivière qui se charge de reflets dansant dans la lumière qui baigne le paysage. Je regarde de nouveau vers le ciel, et je continue de m’élever vers lui, lentement, doucement, poussée par la brise.
J’ai atteint la fin du voyage. Tout autour de moi n’est que lumière d’or, tout n’est que lumière pure.
Mon voyage et ma vie sont terminés. La mort que j’ai attendue depuis si longtemps m’a enfin prise dans ses bras, je me suis enfin endormie.
Après plus de vingt ans, je trouve enfin le répit. J’ai trouvé l’apaisement et la paix du cœur. Et le silence se rompt. Après tant d’années de silence total, j’entends de nouveaux des voix qui chuchotent à mes oreilles. Des voix rassurantes et douces, que je connais. Une voix qui me berçait autrefois, une autre qui me disait des mots gentils, une troisième qui me chuchotait des histoires.
Et je m’endors, je trouve l’ultime repos, le dernier des sommeils. Mes yeux se voilent peu à peu, et je sombre dans l’obscurité, si tant est qu’une ombre quelconque puisse subsister ici.
Les lambeaux de mes pensées s’échappent peu à peu, se dérobent et disparaissent.
Puis plus rien.
Rien.
Je voie l’ultime image de la mort, son vrai visage, je voie la vérité. Cela dépasse l’entendement, c’est si beau, si époustouflant… Ce que d’innombrables poètes ont chanté au long de milliers de vers est là, devant moi. C’est la chose pour laquelle c‘est la peine de vivre. C’est la récompense d’une vie, la consolation de toutes les souffrances d’une existence. C’est donc ça le secret de la vie, de la mort. C’est donc ça la Chose qui a tout créé. C’est comme ça que tout a commencé, et que tout va finir. Je voie tout, la vérité ultime, ce que tous ont cherché un jour ou l’autre, ce que des hommes ont passé leur vie à rechercher, alors qu’elle se trouvait là, au-delà de la mort….
Car au-delà de la mort il y a…..
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MessageSujet: Re: Un "truc" écrit   Sam 4 Juin - 11:41

il y a ? ....................................... la vie ?

c'est superbe ton texte Mismas ! j'aime beaucoup ! tu exprimes vraiment bien les sentiments et tes descriptions coulent dans la bouche sans effort ! on dirait que tu l'as vécu pratiquemement ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Un "truc" écrit   Ven 10 Juin - 13:02

Wooo merci! C'est pas un ti peu long et répétitif au bout d'un moment?
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MessageSujet: Re: Un "truc" écrit   Ven 10 Juin - 13:22

Bah j'avoue que je me félicite de l'avoir lu! J'ai toujours la flemme quand je vois un truc long, mais....je l'ai fait ! Et nan, c'est beau tout le temps !
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